Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/735

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& suivre la tournure d’Harmonie ou les Notes de goût que le Compositeur fait passer sur la Basse durant ce tems-là.

TE. L’une des quatre syllabes par lesquelles les Grecs solfient la Musique. (Voyez SOLFIER.)

TEMPERAMENT. Opération par laquelle, au moyen d’une légere altération dans les Intervalles, faisant évanouir la différence de deux Sons voisins, on les confond en un, qui, sans choquer l’oreille, forme les Intervalles respectifs de l’un & de l’autre. Par cette opération l’on simplifie l’Echelle, en diminuant le nombre des Sons nécessaires. Sans le Tempérament, au lieu de douze Sons seulement que contient l’Octave, il en faudroit plus de soixante pour moduler dans tous les Tons.

Sur l’Orgue, sur le Clavecin, sur tout autre Instrument à Clavier, il n’y a, & il ne peut gueres y avoir d’Intervalle parfaitement d’Accord que la seule Octave. La raison en est que trois Tierces majeure ou quarte Tierces mineures devant faire une Octave juste, celles-ci la passent & les autres n’y arrivent pas. Car 5/4 x 5/4 x 5/4 = 125/64 < 128/64 = 2/1 ; & 6/5 x 6/5 x 6/5 = 1295/624 > 1296/628 = 2/1. Ainsi l’on est contraint de renforcer les Tierces majeures & d’affoiblir les mineures pour que les Octaves & tous les autres Intervalles se correspondent exactement, & que les mêmes touches puissent être employées sous leurs divers rapports. Dans un moment je dirai comment cela se fait.

Cette nécessité ne se fit pas sentir tout-d’un-coup, on ne la reconnut qu’en perfectionnant le Systême musical. Pythagore, qui trouva le premier les rapports des Intervalles harmoniques,