Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/737

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que reconnoissant enfin la différence du Ton majeur au Ton mineur, ils n’oserent toucher à celui-ci pour le partager comme l’autre par une Corde chromatique en deux Parties réputées égales ; le Systême demeura encore long-tems dans un état d’imperfection qui ne permettoit pas d’appercevoir le vrai principe du Tempérament.

Enfin vint Guy d’Arezzo qui refondit en quelque maniere la Musique & inventa, dit-on, le Clavecin. Or, il est certain que cet Instrument n’a pu exister, non plus que l’Orgue, que l’on n’ait en même tems trouvé le Tempérament, sans lequel il est impossible de les accorder, & il est impossible au moins que la premiere invention ait de beaucoup précédé la seconde ; c’est à-peu-près tout ce que nous en savons.

Mais quoique la nécessité du Tempérament soit connue depuis long-tems, il n’en est pas de même de la meilleure regle à suivre pour le déterminer. Le siecle dernier, qui fut le siecle des découvertes en tout genre, est le premier qui nous ait donne des lumieres bien nettes sur ce chapitre. Le P. Mersenne & M. Loulié ont fait des calculs ; M. Sauveur a trouvé des divisions qui fournissent tous les Tempéramens possibles ; enfin, M. Rameau, après tous les autres, a cru développer le premier la véritable théorie du Tempérament, & a même prétendu, sur cette théorie, établir comme neuve une pratique très-ancienne dont je parlerai dans un moment.

J’ai dit qu’il s’agissoit pour tempérer les Sons du Clavier, de renforcer les Tierces majeures, d’affoiblir les mineures,