Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/789

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& le lieu du Mode qu’occupe cet Intervalle, détermine alors cet Intervalle à être tel ou tel Chant : de sorte que si, par ce qui precede l’Intervalle dans la même Partie, on détermine bien le lieu qu’il a dans sa Modulation, le soutiens qu’il aura son effet sans aucune Basse : ainsi l’Harmonie n’agit, dans cette occasion, qu’en déterminant la Mélodie à être telle ou telle, & c’est purement comme Mélodie que l’Intervalle a différentes expressions selon le lieu du Mode où il est employé.

L’Unité de Mélodie exige bien qu’on n’entende jamais deux Mélodies à la fois, mais non pas que la Mélodie ne passe jamais d’une Partie à l’autre ; au contraire, il y a souvent de l’élégance & du goût à ménager à propos ce passage, même du Chant à l’Accompagnement, pourvu que la parole soit toujours entendue. Il y a même des Harmonies savantes & bien ménagées, où la Mélodie, sans être dans aucune Partie, résulte seulement de l’effet du tout. On en trouvera (Pl. M. Fig. 7.) un exemple, qui, bien que grossier, suffit pour faire entendre ce que je veux dire.

Il faudroit un Traité pour montrer en détail l’application de ce principe aux Duo, Trio, Quatour, aux Chœurs, aux Pieces de symphonie. Les hommes de génie en découvriront suffisamment l’étendue & l’usage, & leurs ouvrages en instruiront les autres. Je concluds donc, & je dis, que du principe que je viens d’établir,il s’ensuit premiérement, que toute Musique qui ne chante point est ennuyeuse, quelqu’Harmonie qu’elle puisse avoir : secondement,