Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/148

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l38 DU CONTRAT SOCIAL

��CHAPITRE IX

DU DOMAINE REEL (')

Chaque membre de la communauté se donne à elle au moment qu'elle se forme, tel qu'il se trouve actuellement, lui et toutes ses forces, dont les biens qu'il possède font partie. Ce n'est pas que, par cet acte, la possession change de nature en changeant de mains, et devienne propriété dans celles du souverain ( 2 ) ; mais comme les forces de la cité sont incomparablement plus grandes que celles d'un particulier, la possession publique est aussi, dans le fait, plus forte et plus irrévocable, sans être plus légitime, au moins pour les étrangers. Car l'État, à l'égard de ses membres, est maître de tous leurs biens par le contrat social, qui, dans l'Etat, sert de base à tous les droits ; mais il ne l'est, à l'égard des autres puissances, que par le droit de premier occupant qu'il tient des particuliers.

ment il veut le faire et suit les règles que sa propre raison lui indique. Or, on ne trouve de tels hommes que dans des sociétés organisées. — C'est l'esprit de la morale de Kant et de la fameuse théorie de l'autonomie de la volonté.

(*) On vient de voir ce que devient, dans l'état civil, la condition des personnes ; Rousseau considère maintenant sous ce titre la condition des biens matériels et pose les principes d'une théorie de la propriété.

( 2 ) Rousseau vient de définir clairement ces deux termes, à la lin du chapitre précédent.

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