Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/269

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LIVRE TROISIÈME 25g

de la liberté, ils ne tiennent pas longtemps contre les efforts redoublés du gouvernement : c'est ainsi que, la force résistante augmentant sans cesse, l'autorité souveraine s'évanouit à la fin, et que la plupart des cités tombent et périssent avant le temps.

Mais entre l'autorité souveraine et le gouverne- ment arbitraire, il s'introduit quelquefois un pouvoir moyen dont il faut parler.

��CHAPITRE XV

��DES DEPUTES OU REPRESENTANTS

Sitôt que le service public cesse d'être la princi- pale affaire des citoyens, et qu'ils aiment mieux ser- vir de leur bourse que de leur personne, l'Etat est déjà près de sa ruine. Faut-il marcher au combat, ils payent des troupes et restent chez eux ; faut-il aller au conseil, ils nomment des députés et restent chez eux. A force de paresse et d'argent, ils ont enfin des soldats pour asservir la patrie, et des représen- tants pour la vendre.

C'est le tracas du commerce et des arts, c'est l'avide intérêt du gain, c'est la mollesse et l'amour des commodités, qui changent les services personnels en argent. On cède une partie de son profit pour l'augmenter à son aise. Donnez de l'argent, et bien- tôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un

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