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La Monongahéla

occupa deux années. À cette époque, Mgr de Laval acheta une maison qui tombait en ruines, la fit réparer et y demeura jusqu’à ce qu’il eût bâti son séminaire. Cette maison était située près de l’église paroissiale et du cimetière qui l’avoisinait.

Dès qu’il fut remis des fatigues d’une orageuse traversée, Mgr de Laval étudia les affaires locales et chercha à se procurer les renseignements possibles sur les hommes et les choses de la colonie. Puis le printemps suivant, il entreprit de visiter par lui-même son vaste diocèse. S’imagine-t-on aujourd’hui les fatigues, les privations de toutes sortes d’une visite pastorale à cette époque, qui commença au Saguenay pour se terminer au lac des Deux-Montagnes ? Mais aucune considération ne put l’arrêter ; il voulait tout voir par lui-même, tout rétablir, tout activer.

Mgr de Laval consacra ensuite une grande partie de son énergie à réprimer le honteux trafic de l’eau-de-vie parmi les sauvages. Que de troubles ! que d’avanies ! lui furent suscités à cause des sages mesures qu’il adopta, mesures qui devaient pourtant produire un résultat si moral et empêcher tant de malheurs parmi le peuple. Et cela de la part même de ceux qui auraient dû l’aider de leur influence et de leur position : les gouverneurs d’Avaugour et de Mésy.

Nous renvoyons ceux qui seraient tentés d’accuser