Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/31

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ombrageux, effrayé par un lièvre qui venait de déboucher d’un buisson voisin, fit un écart et prit sa course vers la ville. La jeune fille cependant ne perdit pas la tête, mais malheureusement un des guides se rompit dans sa main et le tronçon frappant le cheval à la tête lui fit prendre le mors aux dents.

Infailliblement, il allait s’abattre au détour d’une borne placée sur une éminence près de l’église, quand un jeune homme, sortant d’une maison voisine, se précipita sur le chemin du cheval qu’il saisit à la bride, au risque de se faire écraser, et, trainé sur un sol rocailleux, il l’arrêta juste au moment où un camarade venait au secours de la jeune fille.

Quelques chasseurs arrivèrent avec M. de Godefroy et emmenèrent la jeune fille, tandis que son sauveur était transporté dans une auberge — « Le repos des voyageurs » —tenue par la mère Jobin, auberge fort en vogue de ce temps là parmi messieurs les militaires de la ville.

À part les émotions d’un pareil danger couru, Claire, qui était une vaillante enfant, n’avait aucun mal et l’on comprend que sa première pensée fut de s’informer du nom de l’intrépide jeune homme qui était venu si à propos à son secours.

— Je puis vous satisfaire sur ce point dit le jeune St-Luc, qui s’était montré fort empressé