Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/42

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pas même à Dorothée. Claire était donc maîtresse de son secret.

Quand le soleil commença à descendre sans qu’elle eût revu Louis, objet de ses pensées, quand elle vit s’abaisser doucement les ombres crépusculaires d’une belle journée d’automne, elle relut encore cette lettre qu’elle avait chaudement placée sur son cœur…

Cette fois, elle porta à ses lèvres ce papier froissé avec un mouvement convulsif.

— Oh ! murmura-t-elle, il ne cherche pas à me tromper, il pense ce qu’il écrit !…

Elle demeura immobile, puis courbant lentement la tête, comme pour se cacher sa rougeur à elle-même.

— Je l’aime ! dit-elle.

Elle alla s’agenouiller sur son prie-Dieu pour prier le Seigneur et demander la protection de sa mère.

Tout-à-coup, entendant des pas résonner bruyamment dans l’escalier :

— Oh ! oui, je l’aime et j’ai foi en lui ! dit Claire en se redressant.