Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/111

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Soreau, semblait soutenu dans l’espace par les ailes de ses sandales et planait au-dessus du banquet sans lien visible avec les combles.

Les rideaux, en se fermant, firent disparaître la surhumaine assemblée, puis s’écartèrent de nouveau après un remue-ménage de quelques instants, pour montrer dans un cadre différent une vision assez complexe.

La partie gauche de la scène évoquait paisiblement quelque nappe d’eau cachée par une haie de roseaux.

Une femme de couleur, qui, par son costume et sa parure, semblait appartenir à une tribu sauvage du Nord-Amérique, foulait, immobile, le fond d’une barque légère. Seule avec elle sur le frêle esquif, une fillette de race blanche tenait à deux mains la tige d’un filet de pêche à l’aide duquel, par un geste brusque, elle soulevait hors de l’onde un brochet pris au piège ; en dessous, on voyait passer à travers les mailles la tête du poisson prêt à replonger dans son élément.

L’autre moitié de la scène figurait une rive gazonneuse. Au premier plan, un homme paraissant courir à toutes jambes portait sur ses épaules une hure de carton, qui, en cachant complètement sa tête, lui donnait l’aspect d’un sanglier à corps humain. Un fil de fer formant