Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/179

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jeune nègre ; aucune buée ne ternit la surface brillante qui garda tout son éclat.

Appliquant alors sa main sur le cœur du patient, Bex fit un signe négatif exprimant l’absence de tout battement.

Quelques secondes passèrent en silence. Bex, doucement, s’était reculé, laissant le champ libre autour du cadre.

Soudain, comme s’il retrouvait au sein de sa torpeur quelque reste de conscience, Fogar effectua un imperceptible mouvement du corps, qui fit agir son aisselle sur la manette.

Aussitôt le phare s’alluma, projetant verticalement dans la direction du sol une gerbe électrique de blancheur éblouissante, dont l’éclat se décuplait sous l’action d’un réflecteur fourbi à neuf.

La plante blanche recourbée en ciel de lit recevait en plein sur elle cet éclairage intense qui lui semblait destiné. Par transparence on voyait dans sa partie surplombante un fin tableau net et vigoureux, faisant corps avec le tissu végétal coloré sur toute son épaisseur.

L’ensemble donnait l’étrange impression d’un vitrail admirablement uni et fondu grâce à l’absence de toute soudure et de tout reflet brutal.

L’image diaphane évoquait un site d’Orient. Sous un ciel pur s’étalait un splendide jardin rempli de fleurs séduisantes. Au centre d’un bassin