Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/232

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Séil-kor se plut beaucoup dans sa nouvelle résidence ; le château était situé dans l’admirable vallée d’Oo, et chaque jour le jeune Africain faisait avec Nina de longues escapades en forêt, pour mettre à profit les derniers rayons d’un automne tiède et clément.

Un soir, conduits jusqu’au village par les hasards de leur promenade, les deux enfants virent soudain une troupe ambulante qui, entassée dans une charrette et parcourant au pas les rues pleines de curieux, distribuait maints prospectus en attirant la foule par des boniments et des coups de grosse caisse.

Deux prospectus furent remis à Séil-kor, qui les lut avec Nina. Le premier, rédigé en affiche, débutait par une longue phrase annonçant en forts caractères l’arrivée sensationnelle de la troupe Ferréol, composée d’acrobates, de danseurs et d’équilibristes ; la seconde moitié de la feuille contenait un emphatique discours adjurant les Français de se tenir en éveil, vu la présence sur leur territoire du chef de la bande, le fameux lutteur Ferréol, capable à lui seul de détruire des armées et de renverser des remparts ; l’exhortation commençait ainsi : « Tremble, peuple français !… » et le mot « Tremble », destiné à capter les regards, s’étalait en grosse vedette, formant une sorte d’en-tête isolé.