Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/261

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Au cours de ses fouilles dans le vieux stock abondant et disparate, Djizmé avait découvert un chapeau melon dont Naïr s’était paré avec joie. Depuis lors, le jeune noir ne se montrait plus jamais sans la rigide coiffure, qui, de loin, le faisait facilement reconnaître.

Il y avait au sud-est d’Éjur, non loin de la rive droite du Tez, un immense et magnifique jardin appelé le « Béhuliphruen », que des esclaves en foule entretenaient avec un luxe inouï. Talou, en véritable poète, adorait les fleurs et composait les strophes de son épopée sous les délicieux ombrages de ce parc grandiose.

Au centre du Béhuliphruen s’étendait une sorte de plateau assez élevé, qui, soigneusement arrangé en terrasse, était recouvert d’une admirable végétation. On dominait de là l’ensemble du vaste jardin, et l’empereur aimait à passer de longues heures de repos, installé près de la balustrade de branches et de feuillages qui bordait de tous côtés ce lieu adorablement frais. Souvent, le soir, il allait rêver en compagnie de Rul dans certain angle du plateau d’où la vue était particulièrement splendide.

Incapable d’apprécier cette sereine contemplation qui lui paraissait fastidieuse, Rul invita un jour Mossem à venir égayer l’impérial tête-à-tête. Aveugle et confiant comme toujours, Talou ne s’opposa nullement à la réalisation de