Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/314

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compréhensible, véritable traduction modernisée comme langue et comme caractères.

Après le départ de l’expert, Adinolfa prit la seconde copie, qu’elle se mit à lire attentivement.

Chaque page la plongeait dans une stupéfaction profonde.

Elle avait maintes fois joué le rôle de Juliette et connaissait tout le drame par cœur. Or, au cours de sa lecture, elle découvrait sans cesse des répliques, des jeux de scène, des détails de mimique ou de costume entièrement nouveaux et ignorés.

D’un bout à l’autre la pièce se trouvait ainsi parée d’une foule d’enrichissements qui, sans en dénaturer le fond, l’émaillaient de nombreux tableaux pittoresques et imprévus.

Certaine d’avoir entre les mains la version véritable du célèbre drame de Vérone, la tragédienne s’empressa d’annoncer sa découverte dans le Times, dont une page entière fut remplie de citations puisées au manuscrit même.

L’insertion eut un retentissement immense. Artistes et savants affluèrent dans la vieille demeure des Dewsbury, pour voir l’extraordinaire autographe, qu’Adinolfa laissait feuilleter tout en exerçant discrètement une incessante surveillance.

Deux camps se formèrent aussitôt, et une violente