Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/317

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gala, il venait chaque jour préparer, au milieu du recueillement et du silence, un long travail sur la guerre de 70. D’un geste il montra, épars autour de lui, plusieurs ouvrages parus pendant la terrible lutte, et, parmi eux, le grand recueil dont les deux pages, remarquées par la tragédienne, figuraient avec assez de vie, l’une la charge de Reichshoffen, l’autre un épisode de la Commune ; les tons rouges, empruntés à gauche aux uniformes et aux plumets, à droite aux flammes d’un incendie, pouvaient donner de loin l’illusion des broderies réclamées par l’autographe shakespearien. Désireuse d’employer en guise d’étoffe ce papier teinté selon ses vues, Adinolfa présenta sa requête à Juillard, qui sans se faire prier détacha les feuilles convoitées.

À l’aide de ciseaux et d’épingles, la tragédienne confectionna pour Kalj et Méisdehl les deux coiffures classiques des amants de Vérone.

Ce premier point réglé, Adinolfa reprit l’ouvrage de Shakespeare, afin d’étudier avec soin les moindres détails de mise en scène.

Certains épisodes du morceau final trouvaient leur explication dans un prologue assez développé, comprenant deux tableaux consacrés à l’enfance de Roméo et de Juliette encore étrangers l’un pour l’autre.

C’est de ce prologue qu’Adinolfa se pénétra plus particulièrement.