Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/383

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Tout à coup, sans avoir pu tenter un geste pour la retenir, il vit Neddou entraînée vers le précipice par une force invincible.

La malheureuse tomba en heurtant son corps de rocher en rocher, poursuivie dans sa chute par les yeux menaçants qui semblaient lui reprocher son offense à la Divinité.

Ghîriz, penché sur le goufre, voulut partager le sort de son amante et d’un bond s’élança dans le vide.

Les deux cadavres s’affalèrent côte à côte, réunis pour l’éternité dans d’inaccessibles profondeurs.


Fogar avait écouté attentivement le récit de Sirdah.

Les enluminures prenaient maintenant pour lui une signification claire et pleine d’unité, qui rendit décisive l’utilisation projetée.

Par prudence, lors de son inoffensif larcin, l’adolescent avait soustrait, en même temps que l’in-folio, un album pour écoliers dont chaque page contenait un portrait d’animal souligné par la désignation latine de l’espèce.

Les scènes coloriées du conte arabe pouvant