Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/395

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Un jour, au moment de déboucher dans une étroite clairière, Rhéjed aperçut un rongeur au pelage roux, qui semblait humer le vent comme pour choisir sa route.

L’enfant tenait à la main une forte gaule récemment prise à un buisson. D’un coup de cette arme primitive il assomma le rongeur, qui tomba sur le flanc au milieu de l’espace découvert.

En s’approchant, Rhéjed remarqua une bave abondante qui s’échappait de la gueule du cadavre en exhalant une odeur spéciale prodigieusement forte ; écœuré par ce spectacle, il traversa la clairière et continua son chemin.

Soudain, entendant un violent bruit d’ailes, il vit, en se retournant, un formidable oiseau de proie à longues pattes d’échassier, qui, après quelques tournoiements concentriques, s’abattit brusquement auprès du rongeur.

Rhéjed revint sur ses pas avec l’arrière-pensée de tuer le volatile, qui attaquait déjà le cadavre à coups de bec.

Voulant viser avec justesse la tête particulièrement vulnérable, il s’approcha doucement de face pendant que l’oiseau baissait le cou.

L’enfant, tout surpris, distingua au-dessus du bec deux ouvertures olfactives, qui, sans doute frappées à distance par la senteur de la bave étrange, avaient prévenu puis conduit