Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/411

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complètement l’excellente influence de sa sœur.

Louise voulait partager avec Norbert son opulence subite ; elle résolut donc de se l’adjoindre pendant son magnifique voyage.

La jeune fille s'intéressait depuis peu à une pie apprivoisée trouvée dans d’étranges conditions. L’oiseau lui était apparu pour la première fois un dimanche, en plein bois de Chaville. Midi venait de sonner au loin, et Louise, après une fatigante séance d’herborisation, s’était assise au pied d’un arbre pour faire un frugal repas. Soudain une pie effrontée et gourmande s’approcha d’elle en sautillant, comme pour quêter des miettes de pain, qui lui furent aussitôt jetées en abondance. L’oiseau, rempli de reconnaissance, s’avança plus près encore sans aucune frayeur, se laissant caresser et prendre par la généreuse dispensatrice, qui, touchée de cette confiante sympathie, le ramena chez elle et commença son éducation. Bientôt la pie vint au moindre appel se poser sur l’épaule de sa maîtresse et poussa l’obéissance jusqu’à rapporter dans son bec tel léger objet désigné du doigt.

Louise était maintenant trop attachée à sa compagne ailée pour accepter l’idée de l’abandonner à des soins mercenaires. Elle emmena donc l’oiseau le jour où, pleine d’exubérant optimisme,