Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/44

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Pendant plusieurs minutes le tour de force réussit avec une précision mathématique. Enfin, à la suite d’un nouveau signal, chaque joueur reçut, dans la partie creuse de son tambourin retourné, la moitié des projectiles, dont le va-et-vient cessa brusquement.

Aussitôt Marius Boucharessas, gamin de dix ans à mine éveillée, s’avança en courant pendant que ses deux aînés se retiraient à l’écart.

L’enfant portait dans ses bras, sur ses épaules et jusqu’au sommet de sa tête, une collection de jeunes chats ayant tous au cou un ruban rouge ou vert.

Avec l’extrémité de son talon, il traça sur le sable, parallèlement au côté occupé par la Bourse, deux lignes distantes de douze ou quinze mètres, et les chats, sautant d’eux-mêmes jusqu’à terre, vinrent se poster en deux camps égaux derrière ces limites conventionnelles. Rubans verts d’une part, rubans rouges de l’autre, se trouvaient ainsi alignés face à face sans aucun mélange.

Sur un signe de Marius, les gracieux félins commencèrent une joyeuse partie de barres.

Pour engager, un des verts s’avança jusqu’au camp des rouges et toucha trois fois, du bout de ses griffes à peine sorties, la patte que lui tendait un de ses adversaires ; au dernier coup il se