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éléments de la lutte anticancéreuse. Ils ne diffèrent guère de ceux de nos organisations modernes.

Le médecin anglais Howard, voulant créer un centre de recherches et d’études pour le cancer, avait posé les principaux éléments de cette campagne. Il se proposait :


D’accorder un asile définitif aux malades incurables ;

D’établir une consultation pour traiter les malades ;

De créer un hôpital destiné à recevoir les malades ;

D’essayer, dans les centres de recherches, d’appliquer les méthodes de traitement ;

En enfin de créer des centres de recherches où l’on pourrait poursuivre l’étude de la cause du cancer.


Nous trouvons, dans cette première charte de l’organisation de la lutte anticancéreuse, tous les éléments qui plus tard ont été repris et développés dans les différents pays d’Europe et d’Amérique. C’est ainsi que se sont créés en Angleterre, en Amérique, en Allemagne d’abord, l’Italie, etc., des hôpitaux spécialement réservés aux cancéreux, des Ligues et des Associations facilitant les recherches scientifiques et les mesures de propagande.

Hélas, il faut l’avouer, la France est restée très en retard. Rien d’officiel, chez nous, comme service hospitalier, jusqu’à la guerre où il n’existait à Paris, que le petit hôpital de l’œuvre du Calvaire, dirigé par le docteur Récamier.

Tout récemment, l’hôpital Pasteur a consacré quelques lits au traitement du cancer. Et l’Assistance publique a couvert, à Brévannes, un service de cancéreux ; mais ce service est dépourvu de toutes ressources, de tout moyen d’action.

Mais voici qu’enfin les pouvoirs publics semblent vouloir s’intéresser à la lutte anticancéreuse. Le conseil municipal de Paris va fonder des centres de traitement par le radium et le Conseil général de la Seine, grâce à l’intervention de M. Jean Varenne — au dévouement à la chose publique duquel je tiens ici à rendre hommage — a voté une importante somme destinée à jeter le bases d’un grand service départemental pour cancéreux à Villejuif, et a bien voulu m’en confier l’étude. Dans ses grandes lignes, ce service des cancéreux comprendra :


Un service de cancéreux chroniques inopérables, de deux pavillons de 80 à 100 lits chacun ; l’un pour les hommes, l’autre pour les femmes. Il répondra à un double but : humanitaire et scientifique. Humanitaire, en cherchant à soulager, dans la mesure du possible, les malheureux qui meurent encore chez eux, dans des taudis, sans le secours que leur doit la société moderne ; scientifique, en fournissant une série de documents susceptibles d’être le point de départ de recherches et de découvertes sur le cancer.


Une consultation externe destinée :

À dépister les tumeurs au début, pour les populations de la banlieue parisienne du canton de Villejuif et des cantons avoisinants ;