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LE CENTURION

Nous longeons les côtes de la Lybie, dans un calme plat qui a beaucoup de charme pour nous. Mais nos rameurs sont las, quoiqu’ils se relèvent à des intervalles de trois heures ; et nous avançons bien lentement. Ils se plaignent de la chaleur, fort agréable pour nous qui ne faisons rien qu’inspecter l’horizon, causer, et lire.

Le jeune Gamaliel, dont je t’ai parlé déjà, recherche volontiers la société de mon père, et la mienne. L’intimité s’établit très vite à bord des navires, où les tête-à-tête sont inévitables. Nous avons donc de longues conversations sur l’histoire, la littérature et la religion de son pays.

Rien n’est plus curieux, ni plus intéressant.

Il me lit de nombreuses pages d’une traduction grecque des « Écritures » qui sont les livres sacrés de son peuple. Cette traduction est l’œuvre de 72 savants réunis à Alexandrie par Ptolémée Philadelphe, il y a plus de deux siècles.

Je comprends parfaitement le grec, comme tu le sais, mère, et je prends un grand intérêt à cette lecture.

— Vous m’avez révélé, m’a dit aujourd’hui mon aimable compagnon de voyage, les « églogues » de Virgile. Permettez-moi de vous faire connaître quelques-uns de nos poèmes bibliques. Car nos Écritures ne sont pas seulement des livres d’histoire, de morale et de religion. Elles contiennent des poésies, et de très belles, surtout dans le genre lyrique.