Page:Routhier - Le Centurion, roman des temps messianiques, 1909.djvu/304

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LE CENTURION

d’austérité et de tristesse, quand Judas, l’infidèle dépositaire de la bourse commune, osa blâmer Myriam d’avoir renouvelé la scène de Magdala, et répandu un parfum de grand prix sur la tête et les pieds du Sauveur. Il prononça alors ces tristes et prophétiques paroles : « Ne contristez pas cette femme pour sa bonne action. Vous aurez toujours des pauvres à qui vous pourrez donner ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours » ; et pour faire comprendre combien sa mort était proche, il ajouta : « C’est pour m’ensevelir qu’elle a répandu ce parfum sur moi » !

Pendant ce temps-là, Jérusalem se remplissait de pèlerins qui affluaient de tous les coins de la Judée, de la Galilée et même de la Samarie, pour célébrer la Pâque. Près d’un million d’étrangers encombraient les rues et les places publiques. Les portiques et les parvis du temple surtout en regorgeaient, et le grand nombre cherchaient partout le prophète. Où était-il ? Comment se faisait-il qu’il n’était pas déjà arrivé ? Est-ce qu’il n’allait pas venir à la grande fête de Pâques ?

Enfin, la nouvelle de sa venue se répandit dans la foule : « Il est arrivé à Béthanie vendredi soir ; il y a passé le jour du sabbat ; un grand banquet lui a été donné ; ce matin même, il doit se mettre en route pour rentrer dans Jérusalem… »

La multitude s’ébranle, et des groupes nombreux sortant du temple, descendent dans la vallée du