Page:Routhier - Le Centurion, roman des temps messianiques, 1909.djvu/380

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
378
LE CENTURION

et tout le peuple a demandé sa mort à grands cris. J’ai dû céder aux violences et aux menaces ; mais c’est la faute des Juifs, et aussi celle de l’accusé. Qu’avait-il besoin d’avouer ses prétentions au royaume de Judée, qui sont d’ailleurs absurdes.

— C’est bien étrange. Mais, n’a-t-il pas expliqué ce qu’il appelle son royaume ?

— Oui, il a prétendu que son royaume n’est pas de ce monde.

— Eh ! bien, alors, en quoi ses prétentions peuvent-elles vous inquiéter, et inquiéter César, si ce n’est pas dans ce monde que ce doux prophète prétend régner ?

— Ma chère Claudia, je ne connais pas d’autre monde que celui-ci. Et si Jésus n’est qu’un rêveur, tant pis pour lui s’il fait des rêves dangereux.

— Et vous l’avez livré aux Juifs ! Ah ! Pontius.

— Il le fallait pour en finir. Et maintenant, laissez-moi en paix. Le regard étrange de cet homme m’a troublé plus profondément que tous vos discours ne pourraient le faire. J’ai besoin de l’oublier, et je ne veux plus qu’on m’en parle. Dans quelques heures, il sera mort ; tout sera vraiment fini ; et je fuirai cette ville maudite, que j’abhorre, pour aller à Césarée chercher un peu de calme et de repos.

Caïus entra.

— Gouverneur, dit-il, les Sanhédrites réclament l’exécution immédiate de la sentence, parce que demain est le jour du sabbat. Que faut-il faire ?