Page:Routhier - Le Centurion, roman des temps messianiques, 1909.djvu/439

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LE CENTURION

le tombeau, et c’est à nous qu’ils doivent rendre compte de l’accomplissement de leur devoir.

Pilatus n’était pas convaincu ; mais il prit peur devant ce nouveau conflit avec le sacerdoce, et il dit :

— Vous voulez donc que je recherche et punisse les offenses commises par les disciples du Nazaréen seulement ?

— Non, gouverneur ; malgré la gravité de leur offense, nous ne réclamons contre eux ni condamnation, ni châtiment. Ce sont de pauvres ignorants que leur Maître a fanatisés, et qui méritent la pitié.

— Mais alors, reprit Pilatus tout étonné, que venez-vous me demander ?

— Nous venons vous demander de ne rien faire qui puisse renouveler ou prolonger cette agitation messianique dont nous avons tous souffert. Laissons faire le silence et l’oubli sur ces événements qui ont trop profondément troublé le peuple. Il était nécessaire que Jésus de Nazareth mourût ; mais il n’est pas du tout nécessaire que nous sachions ce que son cadavre est devenu.

Un long silence suivit. Pilatus ne reconnaissait plus les sanhédrites haineux et vindicatifs des jours précédents ; et il se demandait quelle pouvait bien être la raison de cette nouvelle orientation de la politique sacerdotale.

Enfin il déclara à ses visiteurs qu’il tiendrait compte de leur avis dans la décision qu’il allait prendre ; et tous deux se retirèrent.