Page:Roux - Garçon d’honneur !, 1883.djvu/15

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Chez moi je volais réjoui,
— Absent, ma foi ! tout une année —
Quand un pas allègre et sonnant
Du plus loin emboîte mes trousses.
J’allais connaître en me tournant…
Mais soudain deux franches secousses
M’arrachent un « Tiens ! » fraternel.
C’était l’ex-ami de collège,
Pichenet.
Pichenet. — « Ô mon cher Raphaël !
Dit-il, écorchant un arpége,
Le jour qui luit doit consacrer
Mes éternelles accordailles. »
— « Enchanté ! »
— « Enchanté ! » — « Je t’ai rencontré,
Je t’invite à mes épousailles… »
— « Pardon !… »
— « Pardon !… » — « Quel chic ! Une candeur !
Vite ! prœsto ! Suis-moi de suite,
Tu seras mon…. garçon d’honneur. »
— « Mais… »
— « Mais… » M’entraînant il prend la fuite
— « C’est pour ce matin. Hâtons-nous. »
— « J’arrive d’Alger… Impossible !…
Mes devoirs de père et d’époux.... »
— « Ceux d’ami d’abord, insensible ! »
— « Douze grands mois loin du foyer....
Jamais ! D’ailleurs… dans ce costume… »
— « Parfait. Trêve de plaidoyer !