Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/116

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Affoiblies par la maladie, elles n’ont pas la force de prendre la position qu’il conviendroit, pour que leurs déjections ne tombent point sur leurs compagnes placées au-dessous : ces excrémens, qui sont une matière visqueuse, engluent les ailes des abeilles qui les reçoivent, bouchent les stigmates, qui sont les organes de la respiration, & elles périssent toutes misérablement.

On peut prévenir cette maladie, qui décèle un tempéramment foible, qui a besoin d’être fortifié, en procurant, comme il a été dit, un air qui se renouvelle dans la ruche, & en ajoutant au miel qu’on donne à celles qui en sont dépourvues, un sirop fait avec une égale quantité de sucre & de bon vin, qu’on mêle ensemble, & qu’on fait réduire à petit feu. Cette maladie, dont il est très-important de garantir les ruches foibles, en usant des moyens que nous venons d’indiquer, n’est pas sans remède, quand on n’a pas eu l’attention de la prévenir : le plus efficace seroit de donner aux abeilles qui en sont atteintes, des gâteaux qui contiendroient de la cire brute ; la nature leur indique ce remède, puisqu’elles rongent les rayons quand elles sont attaquées de la dyssenterie : il n’est pas toujours aisé de leur en fournir sans exposer les autres ruches aux mêmes dangers, ou à la disette. M. Palteau a imaginé un autre remède, qu’il a éprouvé avec succès sur des ruches atteintes de cette épidémie, & que les meilleurs auteurs indiquent après lui. On prend quatre pots de vin vieux, deux pots de miel, & deux livres & demie de sucre ; on fait bouillir le tout mêlé ensemble, à petit feu, en l’écumant souvent : quand cette composition est réduite à la consistance de sirop, il faut la retirer du feu, & dès qu’elle est refroidie, la mettre dans des bouteilles, qu’on place à la cave, pour y avoir recours dans le besoin. On peut en faire la quantité qu’on desire, selon le nombre de ruches qu’on a. À la fin de l’hiver, on en donne aux abeilles, après leur première sortie, pour prévenir la maladie des unes en les fortifiant, & pour guérir celles qui en sont déjà atteintes.

Quelques auteurs conseillent de mettre auprès des ruches de petits baquets, ou quelqu’autres vases, dans lesquels on verse de l’urine qu’on y laisse séjourner ; & les abeilles, qui aiment les eaux salées, en vont boire pour se fortifier & se guérir de la dyssenterie. Wildman se contente de répandre sous la ruche du sel commun bien pilé ; il a observé que les abeilles qui le suçoient s’en trouvoient très-bien. Il est certain qu’elles recherchent avec ardeur les eaux salées, & qu’on les voit en foule, après leur première sortie, aux égoûts des latrines, & des fumiers des écuries à chevaux ; ce qui donne lieu de croire que les eaux salées sont un remède efficace contre la dyssenterie dont elles sont attaquées à la fin de l’hiver.


Section II.

De la maladie des Antennes, & du remède propre à la guérir.


La maladie des antennes est une suite d’engourdissement, d’inactivité & de paresse, que M. Schirach a très-bien connue & caractérisée,