Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/223

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comme celle de la grande consoude dans le crachement de sang, dans les blessures internes occasionnées par des coups violens ; ce qui demande confirmation. On place l’acanthe parmi les cinq plantes émollientes, qui sont la mauve, la mercuriale, la pariétaire, la bette & l’acanthe.

L’acanthe se multiplie de semences, & par drageons. La semence exige une terre légère, & pousse après six semaines. Dans le mois de Mars, on enlève les drageons aux vieux pieds, & on les replante : ils n’aiment pas la terre trop humide. Cette plante demande à être châtrée de tems en tems, parce qu’elle pousse beaucoup de drageons.

Les anciens se servoient de cette plante pour teindre en jaune.

Tout le monde connoît l’emploi que les architectes ont fait des feuilles d’acanthe dans les chapiteaux de leurs colonnes de l’ordre Corinthien. Les Gaulois ont ensuite représenté l’acanthe épineuse, dont on va parler.


Acanthe sauvage ou épineuse. Acanthus rarioribus & brevioribus spinis munitus : Tournefort. Acanthus spinosus : Lin. Elle diffère de la précédente par ses feuilles armées de quelques épines, & en petit nombre. Les feuilles sont pinnées, cotoneuses.


ACCÈS. C’est le retour périodique des symptômes principaux d’une maladie quelconque. Par exemple, dans l’espèce de fièvre que l’on nomme tierce, le frisson, la chaleur & la sueur parcourent leur période, un jour, à une heure marquée : le lendemain cet état ne se fait pas sentir, & le surlendemain il reparoît. Dans la fièvre quarte, l’accès reparoît tous les deux jours, dans la fièvre putride quelquefois tous les jours, & ainsi des autres maladies. La longueur des accès & la gravité des symptômes qui les accompagnent font juger de l’importance de la maladie. (Voyez Fièvre) M. B.


ACCOLAGE, ou Accoler ou Accolure. Ces expressions sont usitées dans différentes provinces, & le mot accolure est pris plus particuliérement pour le lien dont on se sert pour accoler la vigne. On accole la vigne de deux manières, ou lorsqu’elle est en espalier contre un mur, ou lorsqu’elle est attachée à un échalas. La première est de fixer le cep & les sarmens qu’on lui laisse en le taillant, contre le mur ou à l’échalas, avec un lien d’osier. La seconde est d’accoler les jeunes pousses de la vigne & les lier avec de la paille. Par le mot accoler à l’échalas, on doit entendre ou un cep attaché seul à son échalas, comme dans les environs de Paris, en Champagne, &c. s’il est bas, & n’excède pas en hauteur, deux ou trois pieds, & comme dans le Bordelois, si l’échalas a depuis quatre jusqu’à six pieds de hauteur ; ou accolé à des palissades ornées avec des échalas, comme dans les bons cantons de Bourgogne ; enfin à trois échalas réunis par leur sommet, & soutenant chacun leur cep, comme à Côte-Rotie, & sur les deux rives du Rhône depuis Vienne jusqu’un peu au-dessous de Tournon. Ces échalas ont même six & sept pieds de hauteur. Pline appelle