Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/426

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de donner à l’allée. Si la naissance de la voûte est prise trop bas, la voûte ressemblera à celle d’une cave, elle sera toujours humide, remplie d’insectes, & surtout de cousins. Si elle est trop élevée, il faudra par conséquent élever en proportion le milieu de la voûte ; & pour peu que l’allée soit longue, elle paroîtra trop étroite. Quelle doit donc être la largeur des allées couvertes ? Il n’est pas possible de la fixer : c’est le local qui doit la déterminer, ainsi que sa longueur & l’espèce d’arbre qu’on doit planter. On peut prendre, pour un exemple de perfection en ce genre, la grande allée du palais royal ou des tuileries, à Paris.

Les allées principales d’un jardin qui font face à une maison, doivent toujours être découvertes, & plus larges que les autres, afin de ne point borner la vue.

On appelle allées simples, celles composées de deux rangs d’arbres ou palissades ; allées doubles, celles qui en ont quatre, ce qui forme trois allées jointes ensemble, une grande dans le milieu, & deux autres de chaque côté ; celles sur les côtés sont appelées contre-allées.

Dans un potager, les allées doivent être larges, & surtout celle du milieu ; elles doivent encore être bordées par des plates-bandes, & ces plates-bandes elles-mêmes bordées ou en fraisier ou en oseille, ou avec quelques plantes aromatiques, comme thym, serpolet, marjolaine, lavande, &c. ces bordures dessinent très-bien l’allée. Les bordures en buis doivent absolument être exclues des jardins potagers : elles sont le repaire, hiver & été, des insectes, des limaçons, &c. qui sortent pendant la nuit, & vont dévorer les plantes.

Il est prudent, lorsqu’on trace les allées, de les faire bomber dans le milieu sur toute leur longueur. C’est ordinairement sur ce milieu qu’on marche le plus, que les roues des brouettes passent & repassent ; & par conséquent, c’est la partie la plus fatiguée : si elle n’étoit pas bombée, elle se creuseroit insensiblement, & retiendroit l’eau ; elle coulera au contraire sur les côtés, & ira maintenir la fraîcheur au pied des bordures.

Les proportions des allées sont, pour les simples, de cinq à six toises de large sur cent de long ; pour deux cents toises, de sept à huit de large ; pour trois cents toises, de neuf à dix ; pour quatre cents toises, de dix à douze. Dans les allées doubles, on donne la moitié de la largeur à l’allée du milieu, & l’autre moitié se divise en deux pour les contre-allées ; par exemple, dans une allée de huit toises, on donne quatre toises à celle du milieu, & deux toises à chaque contre-allée. Afin d’éviter le grand entretien de celles un peu longues, on remplit le milieu d’un tapis de gazon, & on pratique de chaque côté des sentiers assez larges pour se promener.


ALLELUIA. (Voyez pl. 12) Suivant la méthode de M. Tournefort, cette plante est de la troisième section de la classe première, qui renferme les plantes dont la fleur est d’une seule pièce en forme de cloche, & dont le pistil se change en un fruit sec à une ou plusieurs capsules. M. Tournefort nomme cette plante,