Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/513

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remarquoit, à la vérité, quelques épis assez beaux, mais les pieds de blé y étoient foibles, & les tiges basses. »

» XIXe. expérience. Lorsqu’on fouilla les terres pour établir les fondemens de la nouvelle monnoie, on tira de quelques endroits, à dix-huit ou vingt pieds de profondeur, un sable gras & limoneux, que je me proposai de comparer avec les autres terres composées ou pures, qui faisoient la matière de mes épreuves. J’employai d’abord pour la dix-neuvième expérience, ce sable limoneux seul & sans aucun mélange. Le blé y a réussi pendant les trois années ; il y étoit beau sur-tout en 1772, & le succès n’y étoit guère moins marqué en 1773. »

» XXe. expérience. Ce même sable gras, avec lequel je mêlai du fumier sur le pied de deux huitièmes de celui-ci, & sept huitièmes du premier, me servit pour la vingtième expérience. Le blé y étoit beau & vigoureux au printems de 1771 ; on y voyoit en été un assez grand nombre d’épis, mais au mois de Juillet les tiges y éprouvèrent un desséchement trop prompt. L’épi n’y mûrit qu’imparfaitement, & ne donna qu’un grain glacé & retrait ; il fut très-beau, au contraire, en 1772, & le succès n’y fut pas moins frappant l’année suivante, tant par l’abondance des tiges, que par la qualité du grain. »

» XXIe. expérience. Je rapprochai de cette expérience sur un sable gras & limoneux, qui étoit, selon toute apparence, un dépôt très-ancien de la rivière de Seine ; j’en rapprochai, dis-je, l’expérience sur une terre inculte, depuis long-tems, mais qui me parut bonne par elle-même ; je la pris dans un endroit du clos des chartreux, qui avoit été couvert long-tems par de vieux arbres, & d’où ils avoient été arrachés depuis peu. Cette terre inculte m’a servi, en partie, pour la quinzième & la dix-septième expériences dont j’ai parlé : je l’employai seule pour la vingt-unième, & je la rendis plus comparable par-là avec la dix-neuvième, où le sable limoneux étoit sans aucun mélange, ou étoit tel au moins que je l’avois trouvé. Le blé, dans cette terre inculte, fut beau & vigoureux en 1771 ; plus remarquable encore par sa force & par sa beauté en 1772 ; & si la touffe de blé n’a pas été aussi fournie en 1773, qu’elle l’avoit été les deux années précédentes, elle a donné néanmoins un assez grand nombre de tiges, & un grain bien nourri. »

» XXIIe. expérience. Le mélange, pour celle-ci, a été de trois huitièmes d’argile, d’une quantité pareille de plâtras, & de deux huitièmes de sable. Le blé y a réussi assez bien la première année, il fut très-beau la seconde ; mais la troisième, il n’y eut qu’un petit nombre de pieds de blé & quelques épis assez beaux. »

» XXIIIe. expérience. L’avantage que l’on croit avoir reconnu quelquefois dans les cendres des plantes brûlées sur les terres labourables, & dans les sels qui résultent de cette combustion, m’engagea à les faire entrer dans quelques-unes de mes expériences, soit en les employant seules, soit en les mêlant avec d’autres matières d’une nature très-différente, auxquelles je pré-