Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/519

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d’abord du blé d’hiver, & ensuite du blé de Mars ; cependant j’ai remarqué, par un premier coup d’œil, que les plantes ont autant de peine à réussir dans les cendres lessivées que dans celles qui ne le sont pas ; que la germination du grain, un peu tardive, il est vrai, y a lieu comme dans les autres substances terreuses ; que les jeunes plantes qui s’élèvent des cendres, sont foibles & un peu rachitiques ; que leurs premières feuilles sont jaunes, flétries, & paroissent souffrir, lorsqu’on les considère à côté d’autres plantes qui tirent, d’une terre favorable, toute la vigueur d’une pleine végétation. Ce n’est qu’après que les plantes qui ont pu réussir dans les cendres, s’y sont bien établies & y ont multiplié leurs racines, qu’elles acquièrent un certain degré de force, qu’elles résistent à la gelée, aux grandes chaleurs, à la sécheresse même, qu’elles donnent des tiges assez fortes, & fournissent des épis de quatre à cinq pouces de longueur, comme ceux que je recueillis en 1772. »

Les conséquences que M. Tillet tire de cette nombreuse & instructive suite d’expériences, se réduisent à ceci. 1º. La première, la quatrième & la cinquième expérience prouvent qu’un quart d’argile, joint aux autres matières dont il y est question, est aussi avantageux que trois huitièmes, mêlés à ces mêmes matières, à cause de la trop grande compacité qu’elle leur donne, & qui les rend peu perméables à l’eau.

2º. Que la terre inculte du clos des chartreux, de la vingt-unième expérience, & même le sable limoneux dont il est fait mention dans la dix-neuvième & vingtième expérience, donnent quelquefois des productions aussi belles que celles des terres labourables ordinaires en culture réglée, ainsi qu’il est prouvé par la neuvième & dixième expérience.

3º. Le sablon d’Étampes, sixième & huitième expériences, uni avec l’argile, n’est pas favorable à la végétation, parce que de cette réunion il en résultoit une combinaison que l’eau pénétroit difficilement à cause de la ténuité de ce sablon qui s’amalgamoit intimément avec l’argile ; que ce sablon mêlé avec d’autres matières dont l’argile faisoit partie, ne nuisoit pas à la végétation ; mais qu’il étoit plus avantageux pour elle, lorsqu’il étoit mêlé avec d’autres matières qui approchoient de sa nature, comme dans la onzième expérience.

4º. La marne unie à une terre labourable dans la septième & dixième expérience, n’a pas eu un avantage sensible. Nous ajouterons à la remarque de M. Tillet, que l’effet de la marne, ainsi qu’on le démontrera en traitant cet article, n’est bien apparent qu’après plusieurs années, & presque jamais dans les premières, parce que le mélange de ces principes avec les molécules terreuses, ne s’exécute qu’à la longue. La marne unie au fumier dans la neuvième expérience, paroît y avoir été utile, sur-tout en 1772. La conséquence tirée par M. Tillet tend à prouver que la marne peut améliorer un terrain sablonneux, & en général tous ceux où, par le défaut d’une quantité de matières calcaires, les parties terreuses sont peu liées entr’elles, & perdent par conséquent trop tôt l’humidité qu’elles reçoivent. La marne