Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/618

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flanelles supérieures à celles d’Angleterre ; des satins qui imitent ceux des Indes, des espagnolettes, des bas, des bonnets ; en un mot, tout ce qui a rapport à son art. Il les présenta à l’académie des sciences de Paris en 1760.

Pour carder cette ouate si légère qu’elle s’envoleroit au moindre vent, il faut la tenir dans un sac, & l’exposer à la vapeur de l’eau chaude. Je ne sais si M. la Rouvière est parvenu à la carder seule ; mais il est très-aisé de la carder lorsqu’on met un lit de coton ou de soie, & un lit d’ouate, & ainsi de suite. La soie ou le coton donne du corps à la ouate.

L’ouate de l’apocin ne prend pas à la teinture aussi parfaitement le noir, que la laine & que la soie ; mais il est constant que si on connoissoit les procédés dont M. de la Folie se servoit pour teindre en noir les fils de lin & de chanvre, on réussiroit à lui donner cette couleur. Ce zélé citoyen, que la mort vient d’enlever à la fleur de son âge, a donné son secret à un de ses amis, & il est à croire que dans quelques années il le rendra public.

Quand même on n’emploieroit pas cette ouate pour la fabrication des étoffes, il seroit encore très-avantageux de cultiver cet apocin pour ouater les couvertures, &c.

La tige de cette plante mise à rouir, comme celle du chanvre & du lin, ensuite serancée & préparée comme eux, fournit un fil fort long, très-fin, & d’un blanc luisant.

Cette plante mérite à tous égards d’être cultivée.



APOPLEXIE, Médecine rurale. Quoique l’apoplexie soit une maladie très-rare parmi les habitans de la campagne, il est cependant nécessaire que nous présentions un tableau fidèle de cette terrible maladie, qu’avec raison plusieurs médecins ont appellée foudroiement, parce que le malade, au moment de l’attaque, semble être frappé de la foudre.

On donne le nom d’apoplexie, ou coup de sang, à cette maladie du cerveau qui prive tout-à-coup le malade du mouvement volontaire & de l’exercice des sens, tant internes qu’externes : or, la privation subite du mouvement volontaire, & du sentiment de tout le corps, accompagnée du ronflement & de difficulté de respirer, dans laquelle le pouls a coutume de se soutenir jusqu’aux approches de la mort, sera nommée apoplexie.

Nous distinguons trois sortes d’apoplexies ; la grande, dans laquelle le malade est frappé tout-à-coup comme de la foudre, & perd entiérement connoissance au moment de l’attaque ; il dort profondément, rend de l’écume par la bouche, & respire avec sifflement. La moyenne : les accidens sont moins graves, le malade exerce quelques mouvemens, ronfle un peu, éprouve de la douleur, si on le pince, donne quelques signes de sensibilité, & retombe dans le sommeil quelques instans après. La troisième enfin se nomme carus ou apoplexie légère.

L’apoplexie varie encore en raison des causes qui la font naître. En général, nous distinguons deux es-