Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/231

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cause presque toutes leurs maladies. Les bêtes à laine mises en liberté, & livrées à elles-mêmes dans le parc de Chambor, sont la preuve la plus convaincante du contraire, puisqu’elles s’y sont multipliées, & leur laine a acquis une finesse qu’elle n’avoit pas. On le répète ; la nature a pourvu à leurs besoins, en leur donnant une toison longue & bien fourrée.

2º. Le double toit, même en planches, en revêtement les unes sur les autres, ou jointées par des feuillures, est préjudiciable, ainsi qu’on vient de le prouver ; il l’est moins, cependant, que celui formé par des soliveaux, & par des claies d’osiers ou de joncs. Tous deux, il est vrai, concourent à rendre l’air vicié ; mais le second nuit encore à la propreté de la laine. Chaque interface qui se trouve entre les brins, sert de couloirs, par lesquels la poussière & les débris de paille rongée par les rats, ou brisée de mille autres manières, tombent sur l’animal, se mêlent à sa laine ; & plus il se remue ou s’agite lorsqu’il se couche ou lorsqu’il est couché, plus la poussière & la paille s’insinuent profondément dans la laine.

3º. Les toiles d’araignée servent à accumuler la poussière, les débris des malheureux insectes, victimes de sa voracité ; & lorsqu’elles en sont surchargées, ou qu’un coup de vent brise les attaches qui les tenoient suspendues, le tout s’écroule & augmente les ordures dont la laine de l’animal est déjà surchargée. Plusieurs auteurs, d’ailleurs très-estimables, & en particulier M. Carlier, à qui nous devons deux ouvrages bien faits sur les bêtes à laine, l’un intitulé : Considérations sur les bêtes à laine, un vol. in-12 ; & l’autre, Traité des bêtes à laine, en deux vol. in-4°, dit « que les araignées sont une peste dans les étables, au-lieu de servir à purger l’air, comme on le croit faussement dans les campagnes. Outre que ces toiles reçoivent des ordures qui tombent ensuite sur le mouton ou sur son fourrage, les araignées elles-mêmes s’insinuent, ou tombent dans le foin ou dans les pailles, & sont un poison pour le mouton qui les avale. » M. Carlier me permettra-t-il de lui demander s’il juge ainsi d’après l’expérience ; si elle a été répétée sous ses yeux ; s’il en a acquis la preuve démonstrative par l’ouverture de l’animal ; si cette ouverture lui a fait voir que l’araignée, en sa qualité vénéneuse, agit comme les poisons acides, en corrodant les parois de l’estomac & des intestins, ou comme les poisons coagulans ; enfin, si toutes les araignées velues ou rases produisent le même effet ? Je ne crains pas de douter de ces effets, de les regarder comme supposés, après les exemples du contraire que j’ai cités au mot Araignée, & que je prie de consulter.

IV. Du fumier de la bergerie, & du tems de le lever. Les auteurs ne sont point d’accord sur ce sujet, & presque tous semblent partir du préjugé où l’on a été, & où est plongé le plus grand nombre des cultivateurs ; c’est-à-dire, que les troupeaux doivent être tenus très-chaudement. En effet, la chaleur que le fumier de mouton sur-tout, acquiert en fermentant, s’unissant à