Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/452

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raffinée & également fondue ; en sorte que chaque bouteille ou carafon soit d’une égale épaisseur dans sa circonférence.

2°. Chaque bouteille ou carafon contiendra à l’avenir pinte, mesure de Paris, & ne pourra être au-dessous du poids de vingt-cinq onces ; les demies & quarts à proportion. Quant aux bouteilles & carafons doubles & au-dessus, ils seront aussi proportionnés à leur grandeur.

Cette déclaration a lieu en Champagne ; & toutes les voitures chargées de bouteilles, par exemple, à Reims, sont à leur arrivée conduites au bureau de la douane, pour y être mesurées & pesées. Je conviens que voilà une entrave pour le fabricant & même pour l’acheteur ; mais si le premier n’avoit pas aidé à la friponnerie du marchand de vin, il est constant qu’on n’auroit jamais songé à établir cette visite & ce contrôle.

À Paris, la bouteille contient un neuvième de moins que celle fixée par la déclaration ; c’est, sur la vente de neuf bouteilles, une bouteille de gagnée pour le marchand de vin, & perdue pour l’acheteur. On dit que c’est pour dédommager le vendeur du prix du bouchon. La bouteille de vin le plus médiocre qu’on vende à Paris, coûte dix sols, & souvent plus. À ce prix le bouchon reviendroit prodigieusement cher.

À Bordeaux, on se sert de bouchons d’une longueur disproportionnée, & qui excède souvent celle de deux pouces. On dit que la bouteille est mieux bouchée, que le vin se conserve mieux. Le prétexte est idéal ; le véritable motif est que le bouchon est moins cher que le vin, & que ce long bouchon occupe la place du vin.

J’aime beaucoup mieux la méthode suivie dans toute la Hollande. Il est défendu aux marchands de vin de se servir de bouteilles qui ne soient pas étalonnées. Une bande de plomb empreinte d’une marque, indique sur le col de chaque bouteille l’endroit jusqu’où le vin doit monter. Par ce moyen, l’acquéreur ne peut être trompé sur la quantité ; quant à la qualité, c’est à lui d’y prendre garde.

La couleur n’influe en rien sur la bouteille, si la vitrification est parfaite. L’embouchure de ce vase doit être ouverte à l’extrémité, de deux lignes plus qu’au-dessous de l’anneau où le bouchon doit pénétrer. Son ouverture, bien ménagée, est ronde & sans faillie, & son col a quatre pouces de plus de longueur.

Que les bouteilles soient neuves ou non, il ne faut jamais s’en servir sans les rincer. Les premières exigent une opération de plus que les secondes, du moins celles qui viennent des verreries, où l’on emploie le charbon fossile & non le bois, soit pour la fusion du verre, soit pour sa recuite après que la bouteille a été soufflée. Dans le fourneau de recuite, lorsqu’on y porte la bouteille qui vient d’être soufflée, & par conséquent qui a perdu la plus grande partie de sa chaleur, puisqu’elle forme déjà un corps presque solide, cette bouteille qui n’est pas au même degré de chaleur que le fourneau de recuite, attire sur son extérieur la fumée & les principes du charbon fossile que