Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/55

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


2º. Les vapeurs qui s’exhalent des substances en fermentation.

3º. Les vapeurs qui sortent des fosses & des puits bouchés depuis long-tems.

4º. Des vapeurs des latrines.

5º. Les effets du tonnerre.

6º. Les effets du froid.

7º. Les exhalaisons des lampes & des chandelles dans les petits endroits.

8º. Des noyés.

9º. Des gens qui travaillent aux mines.

Tous ces objets sont de la plus grande importance, & nous allons les examiner par ordre. Il est nécessaire de dire un mot de l’air avant que d’entrer dans les détails de tous les accidens qui suivent la corruption de cet élément. Quoique les habitans de la campagne soient moins exposés que les habitans des villes, aux maladies qui naissent dans un air chargé de vapeurs dangereuses, cependant l’ignorance & le peu de soins qu’on prend de leur existence, les exposent aux effets mortels de certaines exhalaisons.

L’air que nous respirons peut être altéré de plusieurs manières, par des évaporations de différente nature, capables de nuire considérablement à la santé de ceux qui le respirent : ces effets sont quelquefois très-rapides, & quelquefois ils sont très-lents. L’air qui a passé à travers le charbon, l’air qui n’est pas renouvelé dans les endroits fortement échauffés par les poêles, par le feu ardent des cheminées ; l’air des chambres fort éclairées par la multiplicité des chandelles & des bougies, est fort mal-sain ; de-là naît le danger de dormir dans les endroits où on brûle du charbon. Les vapeurs qui s’élèvent du vin, du cidre, de la bière, & de toutes liqueurs qui fermentent, sont aussi mortelles que l’air qui a passé par le charbon allumé. On a donné, de nos jours, le nom de gas ou d’air fixe, &c, à ces différentes vapeurs, qui ne sont pas de l’air, mais des vapeurs acides, plus ou moins pernicieuses, & qui, introduites dans la poitrine, y causent les plus grands ravages. Il est tellement dangereux d’entrer dans un cellier, ou dans un lieu quelconque qui renferme des liqueurs en fermentation, qu’on a vu des malheureux y expirer en très-peu de tems. Les souterrains fermés depuis long-tems, les puits qui, depuis longues années, n’ont pas été nettoyés, exhalent des vapeurs nommées méphitiques, aussi meurtrières que celles dont nous venons de parler, & il ne faut y descendre que lorsqu’on a purifié ces lieux des vapeurs qu’ils contiennent.

Quand on veut savoir si ces lieux renferment des vapeurs dangereuses, on y descend, par le moyen d’une corde, quelques substances enflammées ; si ces substances continuent à brûler, on peut descendre en toute sureté dans ces lieux ; mais si au contraire les substances enflammées, telles que de la chandelle, du bois, &c. s’éteignent, ces endroits contiennent des vapeurs meurtrières, & il faut bien se donner de garde d’y descendre, sans quoi l’on s’expose à perdre la vie.

Les personnes suffoquées par les vapeurs des mines, & celles qui sont frappées de la foudre, sont