Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/611

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» En Novembre 1763, je commençai à nourrir avec des carottes, seize chevaux qui faisoient tous mes ouvrages de la campagne. Je ne leur donnai ni foin, ni graine, mais quelque peu de paille & des pois. Ils furent ainsi nourris jusqu’au mois d’Avril. Comme ils travailloient beaucoup, ils eurent à cette époque un peu d’avoine, & les carottes ont été leur principale nourriture jusqu’à la fin de Mai, qu’ils furent mis au vert. Cependant, mes chevaux ne se portèrent jamais mieux, & ne firent jamais mieux leur ouvrage.

» Je donnai à ces seize chevaux deux charges de carottes par semaine ; & suivant mon calcul, ces deux charges m’épargnoient pour le moins un char de foin. Dans le commencement, je faisois couper la tête & la queue de ces carottes avant de les donner aux chevaux, & ces rebuts servoient à la nourriture des cochons. Je m’apperçus bientôt que les chevaux mangeoient avec autant de plaisir les deux extrémités que le corps de la racine. Le cochon mange avec avidité cette plante, & elle l’engraisse beaucoup.

» Il en coûte plus pour mettre un champ en carottes qu’en raves, parce qu’il exige des labours plus profonds & plus de sarclage ; mais le bénéfice est de beaucoup plus considérable. Les raves sont très-sujettes à manquer, & souvent elles pourrissent au premier printems. La durée de la carotte est plus assurée, plus longue, objet très-précieux dans cette saison où les fourrages sont épuisés ».

Nous devons faire des vœux pour que la culture des carottes, faite en grand, s’établisse en France. Les malheureux cultivateurs y trouveront ua légume très-sain, & les animaux une excellente nourriture. Un autre avantage qui mérite la plus grande attention, c’est que le champ qui donnera cette récolte, en fournira une, l’année suivante, supérieure en froment.

III. Ses propriétés médicinales. La racine est regardée comme apéritive, carminative, diurétique. La semence est une des quatre semences chaudes mineures. Pour l’homme, la dose des semences est depuis demi-drachme jusqu’à demi-once en macération au bain-marie dans cinq onces d’eau ; & pour l’animal, à la dose de demi-once macérée dans du vin blanc.


CAROUBIER, Carouge. M. Tournefort le place dans la première section de la dix-huitième classe, qui comprend les arbres & les arbrisseaux dont les fleurs sont à pétales & attachées aux fruits ; & il le nomme siliqua edulis. M. Linné le place dans la polygamie diœcie.

Fleurs, mâles & femelles, sur des pieds différens ; les mâles composées de cinq étamines & d’un calice très-grand, divisé en cinq parties, qui tient lieu de corolle, & est soutenu par un péduncule. La fleur femelle est composée d’un pistil placé dans un calice d’une seule pièce, formé de cinq tubercules & adhérent à la branche.

Fruit, légume long, aplati, rempli d’une pulpe charnue, dans laquelle sont creusées, d’espace en espace, de petites loges, qui renferment chacune une semence presque ronde, comprimée, dure & brillante.

Feuilles, ailées, souvent sans impaire, les folioles presque rondes,