Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/62

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Port. Les tiges sont herbacées, hautes de plusieurs pieds, dures, rameuses ; elles se partagent à leurs sommités, en plusieurs petites branches terminées par des fleurs bleues, quelquefois violettes ou purpurines, quelquefois blanches & jaunes dans le milieu. Les feuilles sont placées alternativement le long des tiges.

Lieu. Les collines de l’Europe méridionale ; cultivée dans les jardins. La plante est vivace par ses racines ; elle fleurit au commencement de l’automne.

Propriétés. Ses feuilles ont un goût légérement amer & aromatique. On les regarde comme apéritives, résolutives & détersives. Elle est utile dans les inflammations de la gorge, & il n’est pas prouvé qu’elle le soit contre les morsures des bêtes venimeuses.

Culture. La forme élégante des tiges, la multiplicité des fleurs à leur sommet, leurs couleurs tranchantes, ont fait rechercher cette plante pour les jardins, où elle figure très-bien dans les grandes plattes-bandes.

On sème la graine au commencement ou à la fin de Mars, suivant le climat, dans une terre légère, un peu chargée de terreau, & elle lève facilement. Dès que la plante est un peu forte, on la tire de la pépinière pour la mettre en place. Dès qu’on a un pied de cet aster, il est facile de le multiplier par boutures, parce que la racine trace beaucoup, & même c’est un défaut. Si on n’avoit pas soin chaque année, ou au moins tous les deux ans, de cerner ses racines, elles s’empareroient de toute la platte-bande, & détruiroient les autres plantes. Le tems de lever les boutures est avant ou après l’hiver ; la première saison vaut mieux, & on saisit le moment où les fleurs sont passées.


ASTRES. Mot générique que l’on applique communément aux étoiles fixes, aux planètes, aux comètes, en un mot, à tous les corps célestes. Cependant il paroît ne convenir proprement qu’à ceux qui ont leur lumière propre, & qui ne l’empruntent d’aucun autre, comme le soleil & les étoiles fixes.

S’il est un article qui, au premier coup d’œil, paroisse étranger au but que nous nous sommes proposé dans cet Ouvrage, c’est celui que nous traitons à présent ; mais qu’on se souvienne qu’il n’est pas moins essentiel souvent de détruire une erreur accréditée, que d’enseigner une vérité nouvelle. Quelle plus ridicule erreur, que celle de l’influence des astres ! & combien n’est-elle pas répandue ! Le cultivateur ignorant & plein de préjugés, ajoute plus de confiance dans ces astres, dans leurs dispositions, que dans les météores qui l’environnent, & dont l’influence est réelle, parce que leur action est directe & prochaine. La lune, qui n’abandonne jamais notre terre, qui suit fidellement ses révolutions, a bien une action marquée sur notre air & sur notre mer, & cette action influe jusqu’à un certain point sur tous les êtres animés de ce globe ; mais combien cette influence est petite ! Que doit donc être celle des autres planètes plus éloignées de nous, & celle des astres, que des espaces immenses & incommensurables rendent presqu’invisibles ?