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indiquée contre les pertes blanches qu’on ne craint pas de suspendre, & dans l’hémorragie utérine par pléthore ou par blessure ; en gargarisme, contre l’inflammation récente des amygdales & du voile du palais. On se sert communément des feuilles en décoction, ou de leur suc que son donne pour l’homme à la dose de quatre onces, ce de huit pour les animaux.


PIED DE VEAU ou ARUM. (Voyez Planche XX, pag. 637) Tournefort l’appelle arum vulgare, & le place dans la première section de la troisième classe des herbes à fleur d’une seule pièce irrégulière en forme d’oreille dont les fruits sont attachés au bas du pistil. Von-Linné le nomme arum maculatum, & le classe dans la gynandrie polyandrie.

Fleur ; composée d’une enveloppe ou espèce de spath intérieurement coloré ; il environne un axe autour duquel sont rangées les parties de la fructification ; la seule extrémité de l’axe paroit en dehors. B représente cet axe dépouillé de l’enveloppe afin de faire voir l’arrangement des parties sexuelles. Les fleurs C, qu’on peut regarder comme elles, sont disposées en forme d’anneau, au bas du sommet de l’axe, lequel ressemble assez à un pilon. Les étamines D, qui sont ordinairement au nombre de soixante, sont rangées dans la même disposition, & sont séparées des ovaires par des filets ; ces étamines sont ordinairement réunies deux à deux par leurs filets, quoique les anthères soient distinctes, comme on le voit dans la figure E. On voit de face une de ces anthères en F ; elles sont à quatre parties. Les ovaires sont ranges en anneaux comme les étamines, & placés au-dessous d’elles ; ils sont ordinairement au nombre de cinquante. Chacun d’eux G, est composé d’un embryon ovoïde qui ne laisse point appercevoir de stile, & oui est terminé par un stigmate rond.

Fruit, Baie I, partagée en plusieurs lobes réunis, formant une seule loge dans laquelle sont renfermées les deux ou trois graines K. L’axe est représenté en H, dans son état de maturité, & dépouillé d’une partie de les fruits, pour laisser voir leur arrangement.

Fruits ; longues de neuf a dix pouces, triangulaires, en forme de fer de flèche, entières, luisantes, souvent tachetées. La présence ou l’absence de ces taches ne constitue qu’une variété.

Racine A ; tubéreuse, charnue, arrondie, remplie d’un suc laiteux.

Port. La tige part du centre dm tubercule, & s’élève quelquefois à la hauteur d’un pied ; elle est cylindrique, cannelée, portant à son sommet une seule fleur ; les feuilles partent des racines, embrassent par le bas la tige en manière de gaine.

Lieu ; les bords des haies, des bois, les balmes ombragées ; la plante est vivace & fleurit en mai.

Propriétés. Toute la plante a une saveur âcre, brûle la langue ; la racine on tubercule est échauffante, incisive, détersive & corrosive lorsqu’elle est fraîche. Elle purge avec violence, enflamme l’estomac & les intestins. Elle doit être considérée comme substance vénéneuse ; desséchée, elle n’a presque plus de causticité : elle purge avec force, donne des coliques plus ou moins vives sans causer d’accidens funestes, à moins qu’elle ne