Page:Séché - Les Muses françaises, II, 1908.djvu/355

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SUR LE RYTHME SAPHIQUE

 
Pour moi, ni l’amour triomphant, ni la gloire,
Ni le souffle vain d’hommages superflus.
Mais la paix d’un coin dans une maison noire
Où l’on n’aime plus.

Je sais qu’ici-bas jamais rien ne fut juste,
Je fus patiente en attendant la mort.
J’ai tu ma douleur, et quoiqu’il fût injuste
J’ai subi mon sort.

Pour moi, ni l’accueil, ni le rire, les fêtes,
Mais l’apaisement d’un très profond soupir.
Le silence noir qui succède aux défaites
Et le souvenir.

(Sillages.)