Page:Sée - Les Origines du capitalisme moderne.djvu/194

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Conclusion
I


Par tout ce qui précède, on voit bien clairement que l’existence de capitaux ne suffit pas pour créer une société capitaliste, mais l’on voit aussi que l’accumulation de capitaux en est la condition nécessaire.

Il apparaît encore très fortement que cette accumulation est surtout l’œuvre du commerce, et particulièrement du grand commerce. Dès le moyen âge, à la suite des croisades, le commerce avec l’Orient a drainé vers l’Occident des capitaux relativement considérables, au profit surtout des grandes cités italiennes, et c’est pourquoi on trouve chez elles les premiers symptômes de l’organisation capitaliste.

Mais l’Italie ne pouvait garder pour elle seule ces richesses : il s’établit un courant international d’échanges, notamment vers le nord-ouest de l’Europe. Les Pays-Bas en furent l’une des principales étapes, et c’est la raison pour laquelle on voit le capitalisme naissant s’y implanter de si bonne heure.

Les principales routes des échanges furent aussi tout naturellement sillonnées de grandes foires, dont les foires de Champagne présentent le type le plus caractéristique.

Dans ces foires, ce furent d’abord des marchandises qui s’échangèrent. Mais le simple troc ne pouvait convenir qu’à des époques tout à fait primitives. Pour les achats et les ventes, il fallait se servir de monnaies,