Page:Sée - Les Origines du capitalisme moderne.djvu/196

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derne. Puis, les tractations auxquelles donnent lieu les changes, sur les diverses places, avec leurs cours fixés dans les foires et les bourses, ont pour conséquence de mettre au premier plan les valeurs mobilières, le « papier ». De là, une mobilité de plus en plus grande des capitaux. Ce qui est directement échangé, ce ne sont plus tant les marchandises que leur représentation, en quelque sorte, abstraite. Ainsi s’explique l’importance sans cesse croissante de la spéculation et du jeu, qui déjà tiennent une si grande place dans l’Anvers du XVIe siècle, où se manifeste, comme on l’a dit, « un capitalisme effréné ».


II


Mais Anvers n’était encore qu’un îlot dans une société qui reposait surtout sur la propriété foncière. La masse des capitaux qui s’y manipulait s’exprime par des chiffres qui aujourd’hui nous semblent presque dérisoires.

Il fallait un nouvel afflux de richesses et de capitaux. Ce fut la conséquence des grandes découvertes, de la mainmise des puissances occidentales sur le Nouveau Monde. Le grand commerce maritime et colonial, à partir du XVIe siècle, jeta sur les marchés de l’Europe une masse énorme de capitaux, représentés par les denrées précieuses des pays tropicaux, de l’Extrême-Orient, et surtout par l’or et l’argent.

Remarquons que c’est surtout en vue de ce grand commerce maritime et colonial que furent créées les premières sociétés par actions (telles, les Compagnies hollandaise et anglaise des Indes), qui apportèrent au capitalisme une force singulière, de puissants moyens d’action.

Ainsi, le capitalisme nous apparaît d’abord sous sa forme commerciale et sous sa forme financière. Et, en fait, tel en est, sans aucun doute, le fondement. Ce qui