Page:Ségur - Aprés la pluie, le beau temps.djvu/206

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voulu accorder à Rame ; il est si heureux quand il le met, qu’il fait plaisir à voir.


Georges.

C’est un habit de bouffon, ma chère ; je m’étonne que papa ait consenti à une chose aussi ridicule, et que ma cousine Primerose ait bien voulu le peindre ainsi costumé.


Geneviève.

Ma cousine a fait voir ce portrait à plusieurs personnes du voisinage. Elles l’ont trouvé très beau.


Georges.

Il est horrible, ridicule ; s’il était à moi, je le couperais en morceaux immédiatement.


Geneviève.

Heureusement qu’il n’est pas à toi, mais à moi, car ma cousine a bien voulu me le donner.


Georges.

Beau trésor à conserver ! Tiens, je m’en vais, il me fait mal au cœur à regarder. »

Et il sortit de l’appartement.

Geneviève soupira. « Il est toujours le même, pensa-t-elle ; il n’est pas meilleur qu’il n’était. Pourquoi ne ressemble-t-il pas au bon Jacques ? Comme je serais heureuse ! — Je vais passer de tristes vacances, je le crains bien. »

Elle avait raison, la pauvre enfant ; il ne se passait pas de jour qu’elle n’eût à souffrir du mauvais cœur et du mauvais caractère de Georges. Il devenait plus malveillant et plus jaloux de jour en jour. Sans cesse il se plaignait à son père de Geneviève, de Pélagie, de Rame et même de