Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/226

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ami, dit M. Delmis d’une voix émue et en appuyant sur ce mot. Je vais tâcher de te tirer d’affaire. Où est Jacquot ?

— Venez, monsieur, je vais vous le faire voir, dit Gribouille en se dirigeant piteusement vers la salle à manger… Voilà, monsieur, dit-il en l’amenant près du perroquet mort.

— Pauvre Jacquot ! dit M. Delmis en le prenant et examinant s’il n’y avait pas quelque reste de vie.

monsieur delmis.

Monsieur va-t-il se mettre à plaindre mon ennemi ?

monsieur delmis.

Cela ne m’empêche pas d’être ton ami, et je vais te le prouver. J’aimais Jacquot, parce qu’il m’amusait ; il était drôle, et quand il te disait des injures, il ne savait pas ce qu’il disait. Mais il faut à présent que ma femme ne sache rien de tout cela… Donne-moi la souricière que j’ai mise près du buffet… Très bien ! Tu vois qu’il y a des noix au bout du fil de fer qui sert à prendre les souris. Tu vas voir ce que je vais faire. »

M. Delmis prit Jacquot, lui passa la tête dans un nœud coulant en fil de fer de la souricière, et tira un peu pour faire croire que le perroquet s’était pris et étranglé en voulant atteindre les noix placées au fond de la souricière ; il posa le tout par terre, recommanda à Gribouille de mettre lestement le couvert et se retira dans sa chambre.