Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/286

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



« J’ai besoin de vous, brigadier, dit M. Delmis en entrant.

le brigadier.

Et pourquoi monsieur le maire s’est-il donné la peine de venir lui-même ? Mon jeune ami que voici, ajouta-t-il en passant la main sur la tête de Gribouille, serait venu me chercher ; j’aurais évité la course à monsieur le maire.

monsieur delmis.

C’est que votre jeune ami n’aurait pas osé sortir seul. Oh ! je sais qu’il est courageux d’habitude, mais il a été volé non loin d’ici et il vient vous faire son rapport.

le brigadier.

Volé ? De quoi donc, mon pauvre Gribouille, et par qui ?

gribouille.

De quoi ? De tous mes effets et de ceux de Caroline que j’emportais sur mon dos dans notre maison ; c’était pour distraire Caroline, qui pleurait, et puis, comme je l’ai dit à monsieur, un poids de mille livres m’est tombé sur le dos, m’a fait tomber sur le nez, et puis tout est parti : le poids et le paquet.

le brigadier.

As-tu vu quelqu’un ?

gribouille.

J’ai vu deux personnes qui se sauvaient, un homme et une femme, du côté de la butte au moulin.

— Ah ! ah ! la butte au moulin ! dit le brigadier