Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/381

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près du cadavre de l’innocent qu’il a laissé périr !

phrasie.

Je me suis laissé dire qu’il l’avait jeté au-devant du pistolet de Michel.

nanon.

Ma foi ! je n’en jurerais pas ! Un gendarme, ça n’a pas de cœur, c’est capable de tout !

louison.

Ce brigadier n’est tout de même pas mauvais, Rose n’a pas eu à s’en plaindre, le jour qu’il l’a arrêtée par méprise.

phrasie.

Je n’ai jamais compris ce qui leur avait pris ce jour-là, et pourquoi elle se sauvait. »

Nanon leur expliqua longuement et à sa manière ce qui s’était passé à cette occasion ; Phrasie et Louison ne trouvaient pas clair ce récit embrouillé, mais elles firent comme si elles avaient compris, de peur de l’irriter. Elles trempèrent une croute dans l’eau-de-vie mélangée d’eau, et reparlèrent de Rose et de Michel.

louison.

En voilà encore une triste histoire ! Et dire que je l’avais avertie, cette pauvre Rose, et qu’elle n’a pas voulu m’écouter ! Toujours courir après ce Michel, ce vaurien, qui ne vivait que de vols et de brigandages. Elle l’aimait, faut croire.

phrasie.

Bah ! laissez donc, elle savait qu’il avait un magot : elle a voulu se faire épouser. C’était sa ma-