Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/70

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commença immédiatement ses recherches, courant de chambre en chambre, jusqu’à ce qu’elle arriva au salon, où s’étaient réunis M. et Mme Delmis et quelques amis.

À la vue de Rose effarée, inondée, ruisselante d’eau grasse et infecte, chacun se leva ; tous demandèrent avec une certaine frayeur :

« Qu’y a-t-il ? qu’est-il arrivé ?

rose.

Le scélérat ! le misérable ! Je cherche le gueux, le gredin qui m’a trempée. Où est-il ? L’avez-vous vu ? Qu’est-il devenu ? J’ai cherché partout.

monsieur delmis.

Vous êtes folle, Rose ! Comment vous êtes-vous mise dans cet état ? De quel scélérat parlez-vous ?

rose.

Le scélérat qui m’a coiffée ! Si je le trouve, je lui casserai les dents ! je lui ferai prendre un bain dans la marmite !…

monsieur delmis.

Taisez-vous ! en voilà assez ! Sortez et allez changer de vêtements : vous salissez mes meubles et mon parquet. »

Rose, qui commençait à reprendre son sang-froid, vit à l’air sec de M. Delmis qu’il était sérieusement mécontent, ne comprenant rien à cette incartade qu’elle avait fort mal expliquée. Elle se retira donc sans mot dire, alla se débarbouiller et changer de vêtements, et resta d’autant plus irritée qu’elle ne savait à qui attribuer son acci-