Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/73

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


dent ; elle en soupçonna Gribouille un instant, mais, ne l’ayant pas vu près d’elle, le sachant très borné et ne supposant pas qu’il eût rien compris aux impertinences qu’elle avait débitées à Caroline, elle crut qu’il était parti avec sa sœur, et que d’ailleurs il n’aurait jamais eu l’ingénieuse et infernale pensée de se venger d’une façon aussi habile, ni l’adresse de s’esquiver assez promptement pour qu’elle ne le vît pas. Elle supposa que quelqu’un s’était glissé dans la cuisine à la suite de Caroline, qu’il s’était caché dans la maison, peut-être dans la cuisine même, et qu’il s’était échappé pendant qu’elle courait de chambre en chambre à sa recherche. Elle rejeta toute sa colère sur l’innocente Caroline, et résolut de commencer le cours de ses vengeances ; à cet effet, elle passa la soirée à repincer et arranger les robes de Mme Delmis, afin qu’elles fussent trop étroites et ne pussent pas être mises.

Le lendemain, Mme Delmis lui reparla de son aventure de la veille, que Mlle Rose expliqua avec calme et douceur. Mme Delmis ne put s’empêcher de sourire au récit de la colère de Mlle Rose, et, pour faire diversion, elle lui demanda si Caroline n’avait pas apporté ses robes.

rose.

Elle les apporte à l’instant, madame. Si madame veut, je vais les lui monter.

madame delmis.

Oui, apportez-les ; je veux les essayer, quoique