Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/82

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depuis trois ans que madame me connaît, elle a pu croire à cette calomnie !… Je ne demande pas à madame de qui elle la tient, je ne le devine que trop ; mais tout ce que je puis dire, c’est que jamais ma mère n’a touché à mon ouvrage, qu’elle n’avait pas la force de tenir des ciseaux, et que l’ouvrage que j’ai livré à madame, et dont elle a été contente, était de moi et de moi seule… Madame pense bien que je ne réclamerai pas l’argent qu’elle me refuse et que j’avais pourtant bien gagné… J’ai l’honneur de présenter mon respect à madame en la quittant pour ne plus revenir, et de la remercier une dernière fois de ses bontés passées pour moi et ma pauvre mère. »

Ce fut au tour de Mme Delmis d’être surprise des paroles calmes et dignes de Caroline, qui sortit avant que Mme Delmis pût la retenir.