Page:Ségur - Quel amour d’enfant.djvu/93

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monsieur qui en avait reçu deux fois dans la figure, s’est fâché, il a saisi l’oreille de Mademoiselle et la lui a secouée à me faire peur ; je croyais que l’oreille allait lui rester dans la main. Mlle Giselle a crié pendant un quart d’heure ; il s’est formé un rassemblement autour de nous ; c’est ce qui fait que j’ai abrégé la promenade et que je l’ai ramenée à la maison.


léontine.

Oh, Giselle ! ce n’est pas gentil ce que tu as fait là, ma petite chérie. Et puis, c’est dangereux, comme tu vois. Il y a des gens qui sont si méchants, qui ne comprennent pas la moindre plaisanterie et qui se fâchent pour un rien.


giselle.

C’est vrai, ça ! Une autre fois je ne jouerai des tours qu’aux enfants très jeunes ; ceux-là du moins ne se défendent pas. Et les bonnes s’amusent à causer entre elles ; elles ne regardent pas aux enfants.


léontine.

Joue le moins de tours possible, ma pauvre petite : les enfants se plaindraient à leurs bonnes, à leurs mamans, et personne ne voudrait plus jouer avec toi. Viens à présent travailler dans ma chambre ; tu n’as encore rien fait aujourd’hui !


giselle, bâillant.

C’est si ennuyeux de travailler ! Et cette femme