Page:Sénèque - Tragédies, trad. Greslou, 1834, t. 1.pdf/117

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


baisse timidement les oreilles, se laisse emmener, reconnaît son maître, se soumet à sa puissance, et le suit en agitant sans colère, autour de ses flancs, le dragon qui lui sert de queue. Mais arrivé à l’ouverture du Ténare, le vif éclat de la lumière céleste frappant ses yeux pour la première fois, il se ranime tout enchaîné qu’il est, et secoue violemment les chaînes qui l’accablent. Il est au moment d’entraîner son vainqueur, de le ramener en arrière, et de lui faire lâcher pied. Alcide réclame alors l’assistance de mon bras. Je joins mes forces aux siennes, et, après beaucoup d’efforts pour dompter la résistance de ce monstre qui se débattait entre nos bras plein de fureur et de violence, nous parvenons à le traîner sur la terre. À peine a-t-il vu le jour et cet océan de vive lumière qui flotte dans l’espace éthéré, c’est la nuit pour ses yeux ; il les attache à la terre, et les ferme afin d’échapper au jour qui le brûle ; il tourne ses têtes en arrière, les ramène vers la terre, et finit par les cacher sous l’ombre d’Hercule.

Mais j’entends les pas d’une multitude joyeuse et bruyante, qui, le front ceint de lauriers, célèbre les hauts faits du grand Alcide.