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HERCULE FURIEUX
DE L. A. SÉNÈQUE.




ACTE PREMIER.





Scène I.


JUNON.

Sœur du dieu de la foudre, car c’est le seul nom qui me reste, j’ai fui cet époux toujours infidèle, et, me bannissant moi-même des demeures éthérées, j’ai quitté l’Olympe, et cédé la place à mes indignes rivales. Il faut bien habiter la terre, puisque les courtisanes ont pris le ciel. Là, sur la partie la plus élevée du pôle glacial, je vois l’astre brillant de Calisto, qui conduit les flottes d’Argos. Là, du côté où se font sentir les tièdes haleines du printemps, je vois le taureau qui ravit Europe la Tyrienne. D’un autre côté, dans ces astres errans et redoutés des navigateurs, je reconnais les nombreuses filles d’Atlas. Ici, Orion, qui étale son effrayante chevelure, et les étoiles d’or de Persée. Là, brillent les