Page:Sénèque - Tragédies, trad. Greslou, 1834, t. 1.pdf/53

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


plus qu’il soit né de Jupiter. Je me tiendrai à ses côtés, et pour que ses flèches ne manquent pas leur but, je conduirai moi-même sa main ; je dirigerai les coups qu’il frappera dans sa fureur ; pour la première fois, je lui prêterai mon secours dans ses combats. Le crime commis, je consens à ce que Jupiter l’admette enfin dans le ciel avec des mains si pures. Allons, il faut se mettre à l’œuvre : le jour commence à paraître, et le char brillant du Soleil s’avance déjà sur les pas de l’Aurore.





Scène II.


CHŒUR DE THÉBAINS.

Déjà les étoiles, moins nombreuses, commencent à pâlir ; la nuit, vaincue, rassemble ses feux épars ; la lumière renaît, et l’astre brillant du matin chasse devant lui le cortège lumineux des astres nocturnes. Les sept constellations de l’Ourse d’Arcadie, qui brille au sommet du pôle glacé, retournent le timon du Chariot, et appellent le jour. Déjà, traîné par ses coursiers d’azur, le Soleil dore la cime de l’Œta ; déjà les bruyères du Cithéron, théâtre des fêtes de Bacchus, se colorent des premiers feux du jour, et la sœur d’Apollon s’en va pour revenir encore.

Avec la lumière le travail aussi renaît, éveillant toutes les inquiétudes, ouvrant toutes les demeures des